La Queue de morue

La morue peut servir de massue…

Non loin du Parc de la Violette se trouve le paisible canal Saint-Denis. Petite promenade agréable dans la journée sur ses quais, mais la nuit ses abords deviennent un véritable coupe-gorge. Mieux vaut donc pas y flâner après le soleil couchant, car les cadavres retrouvés à l’aube portent rarement des traces de blessures ou de contusions.

Il faut dire que les assassins ne manquent pas d’idées pour brouiller les pistes des enquêteurs sur la manière dont les malfrats tuent les honnêtes promeneurs. Un matin, on repêcha le corps d’un homme qui venait de passer à trépas. Les causes n’étaient pas difficiles à identifier : il portait à la nuque les traces violentes d’un coup porté avec un objet dont la ressemblance s’apparentait à une grosse massue.

Mais ce n’en était pas un gourdin….c’était une queue de morue ! et ce n’est pas seulement une image ! L’imagination des truands n’a pas de limite : ils vident le poisson à sa partie supérieure qu’ils remplacent par du sable. La queue sert de poignée et l’effet du coup est assuré, mais peut-être pas fatal puisque l’estourbi sera jeté à l’eau avant d’être dépouillé des objets ou valeurs qu’il portait sur lui.

Cette queue de morue a l’énorme avantage de ne pas laisser de traces. Ainsi, les agresseurs peuvent opérer tranquillement leur besogne, ni vu ni connu !

Source : Le Crime Illustré, 29 septembre 1881

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