12 juillet 1882 : 12 morts Rue du Pont Louis- Philippe à Paris

Rue du Pont Louis Philippe, Paris

8 h 30 du matin… une énorme déflagration secoue tout le quartier de l’Hôtel de Ville à Paris. Pour une cause inconnue, une terrible explosion s’est produite dans l’arrière-boutique d’un coiffeur au 22 de la Rue du Pont Louis-Philippe et a provoqué un début d’incendie.

Les secours se sont empressés afin d’éteindre le feu. Mais une demi-heure plus tard, une seconde et plus forte détonation que la première secoue l’autre côté de la rue et fait exploser le Café des Entrepreneurs dans lequel une centaine de consommateurs étaient attablés. Dehors, des débris de toutes sortes jonchent le sol. Les sapeurs-pompiers de la caserne du 4ème arrondissement parviennent rapidement sur les lieux et se mettent bravement et héroïquement à l’oeuvre. Mais les premiers de ces soldats du feu sont victimes de leur devoir : ils sont ensevelis sous les décombres. Les autres, à leur suite, tentent de sauver des personnes blessés mais une douzaine d’entre eux ressortent blessés et sont évacués sur des brancards. Un capitaine, touché à la tête, tenait absolument à rester, ignorant le danger qui subsistait encore, car des explosions se succédaient régulièrement.

Vers treize heures, une très intense déflagration touche le restaurant situé en face du Café des Entrepreneurs. Son propriétaire et sa femme sont introuvables, leurs enfants étaient heureusement à l’école. Inutile de dire que la panique s’est emparé de tous les riverains, craignant une explosion générale du quartier. Dans les rues adjacentes,, Rue Jouy, Rue Grenier sur l’eau, Rue Geoffroy Lasnier, à la mairie du 4ème arrondissement, le souffle a été tellement fort que les vitres ont été brisées et les rideaux flottent au gré des vents. La maison au N° 23 de la Rue du Pont Louis Philippe dans laquelle se trouvait une horlogerie au rez-de-chaussée s’est complètement effondrée. De temps en temps, des bruits sourds se font entendre : ce sont encore de nouvelles explosions.

Les services de secours sont organisés promptement; des brancards transportent les blessés les plus légers vers les pharmacies voisines, les plus graves sont dirigés vers les hôpitaux.

Sur place, le Préfet de police, M. Camescasse, accompagné par M. Alphand, directeur des travaux de la ville de Paris, donner les ordres nécessaires aux agents chargés du maintien de l’ordre et aux terrassiers disposés à arrêter de nouvelles catastrophes.

Mme Duchesne, la femme du propriétaire du Café des Entrepreneurs, vient d’être retirée des décombres miraculeusement vivante; hélas, son mari ainsi que plusieurs de ses employés n’ont pas été encore retrouvés.

Quelle est donc la cause de cette catastrophe ?

Vers si heures du matin, en ce 12 juillet 1882, M. Duchesne est allé se plaindre à la mairie d’une odeur insupportable qui s’apparentait très fortement au gaz. Il tenait à voir immédiatement le conducteur des Ponts et Chaussées. Malheureusement, personne n’était présent dans le bureau et on pria M. Duchesne d’attendre l’arrivée du Conducteur des travaux qui sera immédiatement prévenu et se rendra de suite chez lui. La veille, M. Champaux, employé à la préfecture de la Seine, avait oublié au Café des Entrepreneurs son parapluie. Il s’y rendit quelques minutes avant l’explosion et trouva M. Duchesne très inquiet, énervé même: sa cave était envahie de gaz, la maison n’allait pas tarder à sauter, lui confiait-il. Effectivement, M. Champeaux venait à peine de sortir que la déflagration eut lieu. Dans la soirée, 12 personnes ont succombé à leurs blessures.

Des maisons des Rues du Pont Louis Philippe, François Miron et Barrés menacent ruine. Le comité du quartier Saint Gervais, chargé de recueillir les souscriptions pour la fête du 13 juillet, a décidé à l’unanimité sera employée à venir en aide aux victimes de ce terrible accident.

Source : Le Crime Illustré, 12 juillet 1882

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