
En ce mois de juillet 1850, le temps est magnifique. Les récoltes ont commencé un peu partout dans le territoire. Le seigle, le blé ainsi que l’orge et l’avoine, toutes les moissons sont abondantes et les grains sont de très belle qualité. Les froments ont échappé aux foudres du ciel et présentent de beaux épis bien grenés. C’est dans le Nord et dans l’Est que les moissons en avoine seront les plus importantes, ailleurs, elles laissent à désirer.
Revers de médaille aussi pour les fourrages qui seront peu abondants mais d’excellente qualité. Les coupes de prairies, notamment les trèfles, sont plus que satisfaisantes et ont été engrangées par un très beau temps d’été. Ce temps sec n’a pas permis aux racines fourragères de reprendre des forces, l’eau venant à manquer et les rares orages n’ont pas suffi à les revitaliser.
Le Nord , pour ses lins et l’Ouest pour ses lins et chanvres redoutaient un moment une mauvaise récolte, mais il semble que cette peur finalement s’estompe et laisse entrevoir une moisson de qualité et de quantité moyenne. La même crainte concernait le colza. Les années antérieures, cette plante fournissait de nombreux hectolitres de cette huile qui se vend aujourd’hui 21 à 22 francs l’hectolitre.
Enfin, la betterave. La le vue des graines semées en avril et même début mai, a été lente et difficile en raison du froid qui a encore régné durant ces deux mois. En outre, des insectes ont détruit beaucoup de jeunes plants dès leur sortie de terre. Un deuxième semis a eu lieu courant mai mais là encore, des pucerons en immense quantité ont ravagé les cultures.
Tous les vignobles, sauf à Béziers et sa région qui a beaucoup souffert, , produiront en cette année 1850 de bons vins. Bordelais, Deux-Charentes, Centre, Champagne et Bourgogne, sauf malheur, émerveilleront les papilles des amateurs de bon cru.
Source : Journal des Faits, 14 juillet 1850
