Femme battue en 1851

Femme battue au XIXè siècle
Femme battue – Image Retonews

Les femmes ont toujours été battues, malheureusement, mais au XIXème siècle, l’on n’osait pas trop encore porter l’affaire en justice. Pourtant, en 1851 une femme a eu le très grand courage de porter plainte contre son mari.

C’est devant le tribunal de police correctionnelle que s’est retrouvé l’accusé, un dénommé Allart, ouvrier de son état, qui allait être jugé de violences, menaces de mort et coups et blessures. Comme beaucoup d’hommes qui affirment leur supériorité, Allart paraît complètement indifférent. La victime, sa femme, n’a alors que dix-neuf ans et est d’une beauté remarquable. Son visage, encore juvénile, porte néanmoins les marques de sa souffrance. Mariée depuis six mois, fidèle épouse, elle suscite de la part de son mari une cruelle jalousie, alors qu’elle ne montrait que des signes d’affection envers lui.

Allart était un être possessif, ombrageux; sa femme, pourtant, l’aimait et ne montrait aucune marque d’infidélité. Un jour, son mari exigea que son épouse se tuât ou s’asphyxiât au moyen des émanations du charbon. Il s’offrit même à l’accompagner dans la mort si elle le lui demandait ! Une autre fois, armé d’un rasoir, il la menaça d’une façon violente et la força à écrire à ses parents une lettre dans laquelle elle s’accusait d’avoir trompé son mari. Cela ne suffisait pas : de force, il la traîna chez son père et sa mère afin de l’obliger à renouveler devant eux l’aveu de son infidélité conjugale.

Trois mois s’écoulèrent doucement dans leur appartement de l’Aisne sans aucune autre agressivité ou menace d’Allart. De retour à Paris, il reprit ses accès de colère, redoublant même ses actes de frayeur et de torture. Non seulement il l’accusa d’infidélité, mais maintenant ce serait l’inceste. Sous la menace du rasoir sous la gorge, il la contraignit à rédiger une nouvelle lettre dans laquelle elle devait avouer avoir eu des relations intimes avec son propre frère. Mais sa femme, courageuse, osa lui résister. Après l’avoir battue, il la laissa presque nue dans sa chambre par une froide nuit d’hiver, avec l’interdiction de se rhabiller et de se coucher. La pauvre épouse, essayant de se glisser dans son lit, fut jetée brutalement sur le plancher. Les menaces reprirent : Allart prit un couteau que sa femme parvint à lui arracher, se battit tant qu’elle put; son mari ne la laissa tranquille qu’après lui avoir fait jurer qu’elle s’empoisonnerait le lendemain.

Profitant d’un moment d’absence de son bourreau, elle se réfugia chez ses parents qui l’emmenèrent au poste de police.

Allart fut puni pour sa barbarie et sa méchanceté: il fut condamné à treize mois d’emprisonnement.

Source : Les Faits, 6 janvier 1851

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