
Les préfets…tyran et exploiteur celui de la Corse et de ses habitants si bien que le Parlement a du intervenir sévèrement pour mettre fin à ses actes; cet autre, du Midi, qui a vu le Conseil Général le sermonner pour l’achat de son linge personnel par l’argent du contribuable; ou encore celui-ci, d’un département de l’Ouest qui a commis des détournements de fonds au préjudice de ses employés.
La magistrature n’est pas en reste. Cette institution qui devrait se révéler être l’exemple de la droiture n’abrite en fait que de nombreux éclats.. Pour n’en citer que deux : M. Reyne, juge à Mont-de Marsan, attiré (un peu trop) par la beauté des femmes amenées au Palais de Justice; M. Delgore, juge dans l’Oise qui se retrouve devant la Cour d’Assises pour tentative d’assassinat.
D’autres fonctionnaires que l’on pourrait aisément nommer sous-fifres, épinglent à leur actif des faits tout aussi délictueux : détournements dans les Caisses d’Epargne d’Annecy, de Villefranche, de Joigny, à la Trésorerie générale de Nice, aux bureaux de bienfaisance de Paris et de Marseille et d’autres sûrement encore. Tout cet argent qui était destiné à aider les pauvres et les malades se retrouvait dans la poche de ces « pourris » appliquant ainsi l’adage que « Charité bien ordonnée commence par soi-même ».
Diplomates et financiers ne sont pas en reste
Il y a quelques années, nos troupes ont envahi la Tunisie afin de la coloniser. La conquête de ce pays a été souillée par des canailleries dont les auteurs ont été jugés par la Cour d’Assises de Paris. Parmi eux se trouvaient un agent diplomatique ayant déjà baigné dans un trafic honteux; un autre décoré de la Légion d’Honneur après avoir été auparavant condamné au bagne.
Bien plus honteux : des spéculateurs, profiteurs de gains, n’hésitaient pas à accumuler sans vergogne des millions. Nos soldats, blessés, malades, se trouvaient sans soins et sans médecins dans les hôpitaux. Des financiers avaient acheté les actions du bey de Tunis valant 200 francs avant l’arrivée de nos soldats en Tunisie. Garantis par la France, ces titres valaient 500 francs après la conquête. Voilà un capital bien gonflé alors que nos militaires souffraient de fièvres.
Comment ne pas rester insensible devant ces abus de pouvoir, cette soif de gains illicites, ces abus de pouvoir, ces spéculations payées de notre or et de notre sang, ces désordres financiers et cette conduite immorale de personnages investis de fonctions publiques…
