
Certains haut-fonctionnaires ne se gênent pas pour puiser dans les caisses du Palais de l’Elysée et utiliser ces fonds pour leur utilisation personnelle. Ainsi, M. Wilson, gendre de M. Grévy, Président de la République, profita de sa situation pour frauder le Trésor Public.
Le chef de l’Etat a, comme ses ministres d’ailleurs, droit à la franchise postale pour envoyer tous ses courriers. M. Wilson, non, mais il en a largement profité lui aussi en usant de cette facilité. Il faut croire que le montant des nombreuses lettres qu’il envoyait dépourvues de timbre-poste atteignait des sommes astronomiques.
Démasqué, avouant ses fautes, il pensait se faire pardonner en envoyant au mystère des finances une somme de 40 000 francs. Etait-elle suffisante pour s’affranchir de ses erreurs, ou plutôt de ce vol ? Non, car l’accusé traînait déjà derrière lui un chapelet d’amendes à 50 francs chacune pour des affranchissements illégaux dont la somme totale s’élevait à 10 950 000 francs !
Mais le gouvernement, bon prince, ne l’a pas demandée. M. Wilson, gendre du Président de la République, fraudeur et voleur, dépouilla le budget de l’Etat déjà si appauvri.
En avait-il le droit ?
Source : Les Faits – 1888
